Conférence – 15h
En compagnie de Concetta Pennuto, Maître de conférence et directrice du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance à l’Université de Tours, spécialiste de l’histoire des sciences et l’histoire de la médecine à l’époque moderne.
Dans la médecine hippocratique et galénique, le pronostic est considéré comme le sommet de l’art médical. Dans ce sillage, les médecins du Moyen Âge et de la Renaissance développent des moyens d’enquête sur les causes et les issues des maladies en faisant appel à des disciplines auxiliaires de la médecine.
Le médecin est philosophe et physicien, il se forme aux sciences de la biologie, de l’astronomie et des mathématiques astrologiques pour comprendre le fonctionnement du corps humain et de son esprit.
Le soin s’enrichit ainsi grâce à une pharmacopée basée sur l’étude du lien entre le monde terrestre et le monde céleste. Les propriétés des plantes, des animaux, des minéraux sont mises au service de sa santé. C’est au sein de la médecine universitaire que ces savoirs se développent, en parallèle des arts du diagnostic et de la chirurgie. Mais que se passe-t-il quand l’exercice de l’art de la santé sort du cadre institutionnel des universités ?
A l’occasion de cette conférence, la présentation de ce contexte historique permettra de s’interroger sur le cadrage des connaissances sur la santé de la part du corps médical universitaire à la première modernité. L’appropriation des savoirs par les médecins devient, surtout au XVIe siècle, un contrôle de la profession médicale en amenant à l’institutionnalisation des condamnations pour charlatanisme et à la mise en place de la chasse aux actes de sorcellerie. Comme nous le verrons, premières victimes du système, les femmes se voient nier la possibilité de pratiquer tout acte de soin en dehors de la famille et de ce que le cadre institutionnel octroie à leur rôle dans la société.